Coups de cœur

Coup de coeur : Mes pas dans les tiens de Fioly Bocca.

Sur la route de Compostelle, deux âmes égarées sur le chemin de la vie se rencontrent ; Alma et Frida ont entrepris cette longue marche car elles ne savent plus quelle direction emprunter ni dans quel but. Pas après pas, kilomètre après kilomètre parcouru ensemble, les deux femmes que seul le voyage réunit vont s’apprivoiser, représentant l’une pour l’autre une étape fondamentale de leur itinéraire vers leur destinée.

Un roman qui donne de l’espoir et de la foi en la vie.

Morgan

Coup de coeur : Frère d’âme de David Diop.

Tiraillé.

Deux paysans sénégalais égarés sur les champs de bataille de la vieille Europe qui s’entre-tue. Quand l’un meurt, son plus-que-frère perd la raison. Face à l’absurdité de sa situation, à la mort qui frappe au hasard de ses éclats de métal brûlants, à la solitude de l’homme face au carnage et de l’homme noir dans la guerre des Blancs, il croit penser par lui-même, comme il dit, alors qu’en fait, il perd la tête…

Alfa NDiaye se transforme alors en machine de guerre pour la France, finissant d’épouvanter tout le monde ; devenant un sauvage sanguinaire pour les poilus et un sorcier dévoreur d’âmes pour ses frères tirailleurs.

Mais sous un ciel si funeste, quand tout le continent perd la raison, peut-on être un bon soldat sans devenir un meurtrier implacable ?

 

Pierre

Coup de coeur : Kanaky de Joseph Andras.

Un Z’oreille fait la coutume.

Joseph Andras est bien connu des services de police, et, pour son malheur, l’État colonial français n’a pas fini d’entendre parler de lui. Il s’était déjà fait remarquer lors d’un précédent forfait ; il remuait alors allègrement sa plume dans la plaie algérienne, osant même cracher dans le calice que lui tendait la critique littéraire, refusant que la littérature s’abreuve à cette auge.

Troquant aujourd’hui une mer pour un océan, il fait cap sur Kanaky et déploie amplement ses ailes. Sur l’asphalte ou sous le banian… toujours à hauteur d’homme, il rend hommage aux morts, et donne à voir la dignité des vivant.es.

Andras soulève tous les tapis. Des agrégats de poussière accumulée, il tire un bras, dégage une jambe, découvre un corps. Il convoque pour nous les combattants, les ami.es et les papas, donnant à lire ce qui ressemble à une histoire populaire de Kanaky….

Pierre.

 

Coup de coeur jeunesse ; La vie selon Pippa de Barbara Tammes.

 

Entre les mains, La vie selon Pippa nous parait plus vrai que nature ; à l’intérieur de son carnet, elle écrit, décrit, dessine et analyse sa vie de façon précise et méthodique. Bien plus qu’un banal journal intime, son carnet l’aide à appréhender son quotidien, à décrypter ses peurs, à reconnaître ce qui la rend heureuse et surtout, à faire des choix (parfois) décisifs. Espiègle et authentique, le personnage de Pippa nous offre un allé simple dans les affres de l’adolescence, avec les joies et les peines qui l’accompagnent, le tout enrobé de beaucoup d’humour et de tendresse.

Vivement le tome 2 !

Morgan

Coup de cœur : Le dernier bain de Gwenaële Robert.

 

 

 

Les dernières heures de Durat, adulé par les uns, considéré comme un traitre par d’autres, dont celles qui ont une bonne raison de l’éliminer. Un roman d’une très belle plume qui plonge dans un moment clé de l’Histoire. A lire !

Bernadette

 

 

Coup de cœur de la rentrée littéraire : A son image de Jérôme Ferrari.

En Corse, une jeune photographe meurt trop vite. Son parrain,  à l’initiative de sa passion et prêtre du village natal, célèbre son enterrement en liant des images de sa vie, de leur vie à travers des clichés?. Ainsi il remet en cause la signification profonde de la vie, de la mort, croisements subtils, imprégnés de philosophie de la vie. Un excellent roman incitant à la réflexion.

Bernadette

Coup de cœur jeunesse ; Les déclinaisons de la Marguerite de Séraphine Menu.

Marguerite est avide de liberté. Ainée d’une joyeuse fratrie, elle partage son temps entre une maman un peu trop protectrice, des frères et sœurs qui comptent sur elle et une année de 3ème quelque peu difficile…

« Les déclinaisons de la Marguerite » offre une plongée dans la vie d’une jeune fille qui aimerait vivre son adolescence comme les autres ; premier amour, premières soirées, amitiés qui naissent et se déchirent. Et quoi de mieux qu’un voyage scolaire en Italie, loin de tout, pour toucher du doigt cette liberté tant désirée ?

Morgan

Coup de coeur de la rentrée littéraire; Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard.

Ça raconte Sarah est un coup de coeur – coup de poing. L’écriture est tranchante, pressée et (op)pressante ; on est à bout de souffle, comme la narratrice, emportée par une tempête dénommée Sarah. Mais qui est Sarah ?  Son prénom est une musique entêtante, obsédante, délirante.

Un premier roman signature, terriblement poignant.

Morgan

Coup de coeur de la rentrée littéraire ; Magnifica de M.R.Valentini.

Maria Rosaria Valentini, l’auteure, est écrivaine mais également poétesse. Avec Magnifica, elle dresse un portrait tendre et mélancolique d’une Italie de l’après-guerre à travers des destins de femmes liées par le sang, la mort, la vie, mais surtout l’espérance.

Beaucoup de pudeur, de rudesse et de poésie dans ce roman en un mot : magnifique.

Morgan

Le pays que j’aime, de Caterina Bonvincini.

 « L’Italie est le pays que j’aime. Ici, j’ai mes racines, mes espoirs, mes horizons. », Silvio Berlusconi.

Alors que l’Italie vit une période sombre de son histoire, Valerio et Olivia que tout sépare – lui, fils de jardinier, elle, fille d’un riche entrepreneur du bâtiment – , partagent une partie de leur enfance et développent un premier amour qui durera des décennies… Mais leur relation fait partie de ces histoires trop intenses, trop brutes, mal menées par les aléas de la vie, si bien que l’espoir d’une vie commune semble s’effacer à mesure que le temps passe.

Le pays que j’aime, la saga d’une passion amoureuse et d’un contexte historique, social et politique tous deux à la dérive.

Morgan

Scherbius (et moi), de Antoine Bello.

Maxime Le Verrier, psychiatre fraichement diplômé, débute dans l’exercice des ses fonctions avec un patient qui en vaut cent… Il est Jean-Louis, Jacques, Jérome, Gérard, Frédéric, Daniel, Guy, mais surtout, il est Alexandre Scherbius ; un imposteur à personnalités multiples.

Dupé par Scherbius à longueur de journée, Le Verrier ne parvient pas à poser un diagnostic clair sur son patient atypique qui se renouvèle aussi vite que son ombre. Et pour cause, Scherbius n’est pas du genre à se laisser cerner…

Un roman dont on se délecte tant il nous déroute !

Morgan

Heureusement que le chien, lui, est un type bien, de Lorenza Ghinelli.

Coup de coeur jeunesse.

Une comédie à l’italienne dans toute sa splendeur ; une bonne dose d’humour, de la pizza et des gnocchis, quelques quiproquos et des cris. Mais derrière cette légèreté ambiante se cachent des petites tragédies du quotidien qui lient et délient des personnages tous plus touchants et attachants les uns que les autres…

Un concentré de bonne humeur et d’espoir.

Morgan

 

Plonger, de Christophe Ono-dit-Biot.

Qu’est-ce que l’esprit d’un artiste si ce n’est une vaste étendue abyssale, insondable. Paz est de ces femmes impétueuses qui ne préviennent pas, César, quant à lui, ne pourra que l’aimer sans la comprendre…

Un roman aquatique qui nous invite à plonger dans la genèse d’un couple passionné mais voué au naufrage.

Morgan

Appelle-moi par ton nom, de André Aciman.

Que faire quand l’amour transcende des êtres qu’a priori tout sépare ? Elio n’est qu’un adolescent, Oliver est un adulte avec de l’expérience. C’est ici qu’entre en jeu le pouvoir de l’intellect, de la culture et de l’amour pour la littérature. Malgré son jeune âge, Elio fait preuve d’un bagage intellectuel impressionnant, notamment par sa connaissance pointue des auteurs classiques, des philosophes, de sa maîtrise parfaite de l’italien et de l’anglais. Quand les corps ne peuvent se rencontrer, les esprits eux sont indomptables…

Plus qu’une attirance physique incontrôlable, la relation entre Elio et Oliver relève de l’harmonie du corps et de l’esprit.

Sensuel, intime, parfois violent; Appelle-moi par ton nom.

Morgan

 

Le gang des rêves, de Luca Di Fulvio.

Cetta n’a que quinze ans et porte déjà en elle la responsabilité d’une existence. L’Italie des années 20 ne lui offre en perspective qu’une vie de labeur, une vie qu’elle ne peut se résoudre d’imposer à son fils Christmas. Elle embarque comme beaucoup d’autres direction l’Amerique, là où tout est possible, ils y seront bien, elle en est sûre. C’est arrivé à New York, ville de lumières, que le tableau se noircit: pauvreté, prostitution, banlieues malfamées, mafia. Comment Christmas va-t il évoluer dans cette atmosphère ? Quel avenir pour lui ?

Sa rencontre fracassante avec Ruth, une jeune juive bourgeoise, lui donne l’espoir d’une vie nouvelle loin de sa condition. Pour atteindre son rêve, Christmas devra jouer de toute sa ruse, ne pas avoir peur, oser, tout abattre sur son passage. Car New-York est belle mais elle est aussi impitoyable.

Morgan

 

 

Summer, de Monica Sabolo.

 

Summer et ses longs cheveux blonds flottant dans les airs, Summer et ses yeux bleus comme un ciel d’été, Summer et ses longues jambes effilées qui traversent les bois et heurtent les branchages. Vingt-cinq ans plus tard, Benjamin Wasner ressasse en boucle le souvenir de cette journée où sa sœur a disparu sans laisser de trace. Que n’a-t-il pas perçu dans le dernier regard qu’elle lui a adressé ? Peut-être qu’elle est là, sous les eaux vaseuses du lac Léman, immense et trouble. Ou peut-être qu’elle ne cherche pas à ce qu’on la retrouve…

Psychologiquement marqué par la disparition soudaine de sa sœur dans son enfance, Benjamin livre une pensée décousue, meurtrie par la culpabilité mais avide de réponses quant au mystère Summer.

Morgan

 

Le harki de Meriem, de Medhi Charef.

 

 

Sans retour.

Qui sont ces jeunes gens, traîtres à leurs pays, qui prennent les armes contre leurs compatriotes et épousent la cause de l’étranger ? Comment accueillir les  » revenants  » des excursions funestes ?

L’Algérie a eu son lot de jeunes  » passés à l’ennemi « , poussés dans le dos par la misère ou un désir de vengeance en pleine guerre civile… Les harkis seront contraints à l’exil, partant seul ou avec leur famille pour un pays qui rechignera à leur faire une place. A la liberation, le pays ne veut plus les voir, ils portent les stigmates de leur trahison, les transmettant à leurs enfants comme une malédiction.

Pierre

L’affaire des vivants, de Christian Chavassieux.

 

 

Un récit puissant sur l’ascencion fulgurante au milieu du XIXe siècle d’un paysan au nom prédestiné  » Charlemagne Persant  » qui fonde un empire industriel dans le textile.

Une fresque familiale et historique passionnante ancrée dans une société en plein boulversement.

Maryse

 

Le vieux Zack, de Herman Melville.

Le Moby Dick de la politique.

Quelques victoires à la guerre, ainsi qu’un ami patron de presse ont tôt fait de fabriquer un héros national, tel ce  » vieux Zack  » qui deviendra bientôt le 12ème président des Etats-Unis.

Une plume vient cependant chatouiller les orteils de ce général plein d’avenir, c’est celle d’Hermann Melville et de ses  » fake news  » aussi insolentes que désopilantes. L’iconoclaste y écorche le champion pour nos plus grands éclats de rire.

Par-delà les mers et les années, un mot de ce texte sonne tout de même à nos oreilles comme un curieux et lointain écho: jupitérien

Pierre

La Ravine, de Serguei Essénine.

Quatre saisons.

A la Ravine, lieu-dit de la vieille Russie, trou paumé où le quotidien est fait de scènes de chasse et de pugilat, on ne voit pas très loin à l’horizon, mais on espère bien un jour  » ramasser les étoiles comme des pommes de terre « .

Il faut, dans ce récit raviné, fouiller les éboulis pour tenter de comprendre comment tant de malheurs et d’injustice sont possibles ; paysans spoliés de la meilleure terre, nourissons ne passant pas l’hiver…

On prend volontiers la route avec le vieil Anissime, parti pour le monastère, quittant cet univers abandonné et pour qui la religion es devenue l’âme d’un monde sans âme.

Pierre

Aux urnes citoyens !, de Thomas Piketty

 

Les livres d’économie me tombent des mains en général. Pas celui-là : Thomas Piketty rend intéressant et facilement compréhensible tous les sujets qu’il aborde. Courts articles et style fluide : une lecture légère pour des sujets sérieux. Etonnant de lire avec du recul les articles écrits en 2012 quelques mois après l’élection de François Hollande : Piketty avait très vite perçu ce qu’allait être le quinquennat. Christine

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Le grand jeu, de Céline Minard

Comment vivre en autarcie dans un mileu hostile ? Une femme décide de couper les ponts avec la société et s’installe en pleine montagne. Sa quête existentielle est bouleversée le jour où elle tombe sur une autre présence humaine. Une écriture précise, dense, pour ce roman insolite. Maryse

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Une bouche sans personne, de Gilles Marchand

Déconcertant au premier abord, ce roman surprend par son originalité et sa poésie. Entre Svevo ( à plusieurs reprises cité dans le texte) et Buzzati, entre situations saugrenues et personnages improbables, on passe d’une (apparente) légèreté initiale à une apothéose d’émotions, dans un crescendo très subtil et incroyablement efficace qui nous pousse à tourner les pages de plus en plus vite… Absolument génial ! Maria

une bouche sans personne

 

Babylone, de Yasmina Reza (Prix Renaudot 2016)

Une « soirée » tourne au drame : entre comédie sociale et polar mélancolique, un roman sur une amitié singulière et la fuite du temps. Une belle écriture qui rend compte d’une observation fine de notre quotidien. Maryse

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Numéro 11, de Jonathan Coe

Jonathan Coe renoue vingt ans plsu tard avec la veine satirique et l’humour noir de Testament à l’anglaise : une critique acerbe de la société anglaise et de ses élites cyniques. Il y mêle le fantastique pour raconter la folie de notre temps. Maryse

numéro 11

 

 

Aux animaux la guerre, de Nicolas Mathieu

De la violence de la guerre en Algérie à la violence sociale autour de la fermeture d’une usine dans les Vosges, quelles sont les conséquences sur l’humain ? Dans ce polar social sur le délcassement et la survie, l’auteur réussit à donner une humanité à ses personnages même les plus désespérés. Maryse

animaux la guerre

 

De nos frères blessés, de Joseph Andras

Un épisode peu reluisant de l’histoire de la France en Algérie, qui ne fait pas honneur à la République… Aussi l’histoire émouvante et intime d’un homme simple, qui s’était engagé politiquement pour la défense de ceux qu’il estimait maltraités et qui s’est trouvé pris au piège d’une machine infernale. L’auteur, Joseph Andras, a refusé le prix Goncourt du premier roman, car selon lui « la compétition, la concurrence et la rivalité sont des notions étrangères à l’écriture et à la création. » Christine

de nos freres blesses

 

 

 

2084 : La fin du monde, de Boualem Sansal

Une fiction qui fait froid dans le dos parce qu’elle pourrait être prémonitoire : une religion d’Etat a pris le pouvoir et imposé la pensée unique, le mensonge et la peur dans le monde entier. Glaçant ! Mais la liberté et la vérité existent peut-être encore quelque part ?… A lire absolument. Christine

2084 : La fin du monde de Boualem Sansal

 

L’intérêt de l’enfant, de Ian McEwan

« Où commencent et quand s’arrêtent nos responsabilités vis-à-vis de l’autre » : une juge aux affaires familiales face à sa conscience. Un portrait de femme remarquable, ses sentiments, ses interrogations. Une description virtuose du monde de la justice. Maryse

intérêt de l'enfant

 

 Le dernier qui s’en va éteint la lumière, de Paul Jorion

Un titre en forme de boutade, un style alerte et un appel d’urgence. Avec ce 18ème ouvrage, Paul Jorion nous livre un essai philosophique argumenté, documenté et d’une extraordinaire lucidité sur l’ (in)capacité de l’humanité à faire face aux menaces d’extinction imminentes. Appel lancé à chacun d’entre nous pour ouvrir les yeux en adulte sur nos (dys)fonctionnements, nos grandes forces et immenses faiblesses et … nous libérer de nos « servitudes volontaires ».  Paul Jorion nous laisse conclure… Marie-José B.

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